Une fois encore, les terroristes ont cherché par des actes d’une violence effroyable à déstabiliser notre pays.
En réponse à ces actes barbares, partout en France, des initiatives de solidarité et une
mobilisation forte ont permis à des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants d’exprimer ensemble, leur tristesse, leur colère mais aussi leur détermination pour clamer haut et fort "La France n'a pas peur !"
Mais ces événements de Paris ne doivent pas nous faire oublier les victimes des attaques cruelles qui se multiplient dans d’autres pays du monde (Egypte, Liban, Mali, Nord Cameroun et Tunisie pour les plus récents...).
Depuis trop longtemps, la haine de l’autre envahit notre pays, attisée par les extrêmes droites autant que par les intégrismes de toute nature. Elle ronge les valeurs de la République et de la Démocratie en tentant de diviser notre pays. Chaque acte terroriste stigmatise un peu plus une population qui est fortement délaissée depuis de longues années : Ainsi, en matière de précarité et de discrimination, rien n'a changé dans les banlieues et quartiers en difficulté depuis la Marche pour l'Egalité de 1983 (appelée ensuite "Marche des Beurs). Les différents gouvernements qui se sont succédé ont laissé ostraciser les populations pauvres et/ou issues de l’immigration dont les plus jeunes fournissent l'essentiel du vivier de futurs terroristes.
En conséquence, la Ligue de Droits de l’Homme des Ardennes a décidé lors de sa dernière réunion de mettre en place une adresse mail ldh08.discriminationsraciales@gmail.com qui doit permettre à chaque personne victime de propos ou insultes racistes de les dénoncer et de
bénéficier d’un accompagnement lors du dépôt de plainte.
Par ailleurs, le Président de la République a annoncé la création de 8500 postes répartis dans la police, la gendarmerie et les douanes destinés à la lutte contre le terrorisme et à la sécurisation générale du pays. A ce sujet, La Ligue de Droits de l’Homme s’interroge sur la contradiction qui existe dans le fait de demander à l’Éducation Nationale et au monde de l’Éducation Populaire de mener des actions citoyennes pendant que leurs moyens diminuent sérieusement (fermeture de classes et établissements, baisse de subventions aux associations),
L’état d’urgence proclamé par le gouvernement français au lendemain des attentats a été prorogé de 3 mois. Si ces mesures d’exception veulent constituer une première réponse au terrorisme, elles ne doivent en aucun cas devenir une entrave aux traditions républicaines. La Ligue des Droits de l'Homme sera extrêmement attentive à toute forme d’injustice, de discrimination et d’atteinte aux libertés fondamentales. Au delà de l'état d'urgence et quelle que soit l'issue de la guerre menée contre Daesh (sa défaite stopperait-elle les vocations de terroristes ?), nous continuerons également de réclamer, comme nous le faisons depuis plusieurs années avec la campagne « Urgence pour les Droits », la mise en oeuvre d'une politique véritablement sociale, juste et solidaire.
LDH 08, sections de Charleville et de Vouziers
Blog de la Ligue des Droits de l'Homme de la Section 08000 Charleville-Mézières
jeudi 3 décembre 2015
mercredi 25 novembre 2015
Appel unitaire. Nous ne céderons pas !
Ceux qui, au nom
de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité
absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici
ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à
la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles
est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et
fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.
Nous ne sommes pas naïfs :
nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du
danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre
et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit
pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à
ces actes et à celles déjà mises en œuvre.
C’est la démocratie qui est
mise à mal quand le Parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre,
sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables
politiques qui cultivent la peur.
Après la prorogation de l’état
d’urgence et l’extension des pouvoirs de police, d’autres mesures sont encore
annoncées par le président de la République.
Il nous paraît essentiel de
rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’Etat de droit et nous priver
de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les
conditions de sa mise en œuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale,
l’exercice de la citoyenneté et le débat public.
Depuis 1986, les lois accordant
plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et
restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme,
s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre
constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte
supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de
conférer à l’Etat des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce
qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination. La réponse des autorités se
veut martiale, elle n’est pas une assurance de sécurité et ne garantit en rien
le respect de nos libertés.
Vouloir priver de leur nationalité
jusqu’aux personnes nées françaises, c’est délivrer une nouvelle fois le
message d’une France divisée. Le silence du président de la République, lors de
la réunion du Parlement, sur l’indispensable engagement de l’Etat en faveur de
l’égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des
services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les
manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que
vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la
stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre
ensemble.
Nous voulons que ces dramatiques
événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que
celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs
émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un
chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute leur place et qui
s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante,
libre et fraternelle.
Pour nos libertés, pour une
société où la fraternité a toute sa place, nous ne céderons pas à la peur
dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur
raison de vivre.
Nous appelons les femmes et les
hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de
racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons
prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de
manifestation et de réunion. Nos organisations construiront, partout en France,
ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance
permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que
nul ne soit victime de discriminations.
Premiers signataires :
AFD International, Agir pour le
changement démocratique en Algérie (Acda), Assemblée citoyenne des originaires
de Turquie (Acort), Association des Marocains en France (AMF), Association des
travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France
(ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en
Palestine (Aurdip), Association française des juristes démocrates (AFJD),
Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France
Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de
diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association pour la reconnaissance des droits
et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Associations démocratiques des
Tunisiens en France (ADTF), Attac, Cadac, Cedetim, Confédération générale du
travail (CGT), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal),
Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif 3C, Collectif
des 39, Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Comité pour le
développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et
des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité,
Confédération syndicale des familles (CSF), Collectif des musulmans de France
(CMF), Coordination des collectifs AC !, Droit au logement (Dal), Droit
solidarité, Droits devant !!, Emmaüs France, Emmaüs International,
Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Fédération nationale
de la Libre pensée, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme
(FIDH), Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fédération
syndicale unitaire (FSU), Genepi, Ipam, La Cimade, La Quadrature du Net, Le
Mouvement de la paix, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Le Gisti, Les Amoureux
au ban public, Les Céméa, Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE),
Médecins du monde, Mrap, OIP - section française, Organisation de femmes
égalité, Planning familial, Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau
euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF),
SNPES-PJJ/FSU, Snuclias-FSU, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat
national des journalistes (SNJ), SNJ-CGT, Unef, Union des
travailleurs immigrés tunisiens (Utit), Union juive française pour la paix
(UJFP), Union nationale lycéenne (UNL),.....
dimanche 22 novembre 2015
Lettre de Françoise Dumont
Paris, le 16 novembre 2015
A l’attention des ligueuses et ligueurs
Cher-e-s ami-e-s,
Ce qui s’est passé à Paris vendredi soir relève de l’horreur absolue et suscite une immense émotion. En visant indifféremment des lieux publics, les terroristes ont voulu montrer que c’est toute la société française qu’ils visent.
Après une journée de sidération, des rassemblements spontanés se sont déroulés hier, un peu partout en France, permettant ainsi à des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants d’exprimer, ensemble, leur tristesse et leur solidarité. Beaucoup d’entre vous y ont sans doute participé.
Dès samedi, le gouvernement français a pris des mesures exceptionnelles : proclamation de l’état d’urgence et rétablissement des contrôles aux frontières.
Ces mesures exceptionnelles, qui viennent s’ajouter aux possibilités déjà ouvertes par les multiples lois antiterroristes votées depuis dix ans, peuvent répondre à l’urgence du moment. C’est le sens du communiqué que nous avons publié samedi.
Mais ces mesures ne sauraient perdurer sans porter atteinte aux libertés fondamentales. C’est pourquoi nous serons extrêmement attentifs aux mesures qui seront annoncées dans les jours qui viennent, et à leur mise en oeuvre.
Depuis hier, et dans une véritable surenchère guerrière, la presque totalité de la classe politique française s’ingénie à multiplier les propositions sécuritaires, sans se soucier, ni de leur caractère constitutionnel, ni de leur faisabilité, et encore moins de leurs éventuelles conséquences néfastes.
Comment interpréter différemment cette proposition de regrouper dans des centres d’internement tous les titulaires d’une fiche « S » (pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ») ?
Nous attendons, du gouvernement, qu’il sache résister à des propositions qui, dans une sorte de fuite en avant, mettraient à mal notre démocratie et offriraient ainsi aux assassins la victoire dont ils
rêvent.
Nous devons manifester le plus concrètement possible notre refus de toute discrimination.
Depuis sa création, la LDH s’est toujours battue pour la protection des libertés, parce qu’elles sont les conditions mêmes de la démocratie. Dans ce moment d’une exceptionnelle gravité, ce combat est plus que jamais le sien. Il lui revient de favoriser tout dialogue ouvert, constructif, avec l’ensemble des forces qui veulent lutter contre le terrorisme, dans le respect des règles de la démocratie, et sans stigmatisation de telle ou telle catégorie de la population.
Je vous appelle à prendre toutes les initiatives nécessaires pour regrouper, autour de la LDH, celles et ceux qui sont attachés au respect de nos libertés.
Françoise Dumont
Présidente de la LDH
dimanche 13 septembre 2015
Réunion du comité régional
Ce samedi 12 septembre 2015, notre section était présente à la réunion du comité régional à Châlons-en-Champagne.
mercredi 9 septembre 2015
Appel unitaire. Asile ! C’est un droit !
Nous, citoyennes et citoyens
d’Europe, sommes de la même humanité que ces femmes, ces hommes et ces enfants
qui fuient la guerre et la misère pour ne pas mourir. Comme eux, nous avons des
enfants, nous travaillons, nous aspirons au bonheur et nous savons les efforts
nécessaires pour construire nos vies dans un monde où la loi du plus fort est
toujours en vigueur. Le sort que l’Europe, celle qui a connu tant de guerres,
qui a envoyé tant de réfugiés sur les routes, leur réserve nous révolte.
L’Europe ne peut proclamer
que ses valeurs reposent sur les droits de l’Homme et traiter ces réfugiés
comme des envahisseurs, compatir à leur sort et faire si peu, se les rejeter comme
des marchandises illégales. Or, force est de constater que même la directive
sur l’afflux massif de réfugiés, bien loin de ce qu’exige la situation
dramatique actuelle, n’a pas été mise en œuvre.
Le destin de ces réfugiés, de
ces migrants, c’est notre destin et notre avenir. En niant leur droit à l’asile,
c’est notre propre avenir que nous mettons en péril tant nous aurons, tôt ou
tard, à rendre compte de notre aveuglement et de celui de nombre de nos
gouvernants.
Déjà en partie responsable
des événements qui poussent sur les routes de l’exil tant de personnes, que
restera-t-il de la crédibilité de l’Europe et de la France si nous refusons de
les accueillir ?
Nous n’admettons pas, en
tant que citoyens européens et français, le déni d’humanité qui est en train de
se produire.
En France, nous exigeons du
gouvernement qu’il appuie sans équivoque un accueil de ces réfugiés dans tous
les pays de l’Union européenne.
Nous lui demandons de
prendre toute sa part, ici en France, de cet accueil, et donc d’accroître
considérablement les moyens mis en oeuvre.
Nous appelons toute la
société civile à se mobiliser pour appuyer cette exigence et pour apporter
l’aide et l’assistance nécessaire.
Nous appelons tous les
hommes et femmes de bonne volonté à combattre ces discours indignes qui
refusent à ces hommes, ces femmes et ces enfants leurs droits élémentaires d’êtres
humains.
Ensemble, nous
demandons :
·
que tous les réfugiés soient accueillis dans
des conditions respectueuses de leur dignité ;
·
une suspension des accords de Dublin et leur
révision ;
·
l’organisation d’un grand débat public sur la
question des réfugiés.
Ensemble, nous pouvons faire
que l’intolérable cesse.
Rassemblement
le mardi 8 septembre, à 18h30,
le mardi 8 septembre, à 18h30,
place de la République, à Paris
#AsileUnDroit
Organisations signataires :
Acat,
Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association des
Tunisiens en France (ATF), Attac, Cedetim / Ipam, CGT, Collectif 3C, Comité
pour le respect des libertés et des droits de l’Homme et Tunisie (CRLDHT), Confédération
syndicale des familles (CSF), Fédération nationale des Maison des potes, FSU, Ligue
des droits de l’Homme (LDH), Licra, Mrap, Organisation de femmes égalité,
SNJ-CGT, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (Saf), Union nationale
lycéenne (UNL), Unef, Union syndicale Solidaires
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