jeudi 20 avril 2017

Réponse au tract du FN suite à la projection débat du film « CHEZ NOUS » au Manège de Givet

Le Manège de Givet a programmé le film « Chez nous » et organisé un débat à la suite de sa projection le 13 avril dernier. Flairant « la mascarade », ou mieux, le « traquenard » ou tout simplement craignant la confrontation dans ce « simulacre de discussion démocratique », M. Lucska et Mme Depas se sont abstenu de participer à cette soirée débat pourtant ouverte à tous et ont courageusement préféré faire connaître leur position par un tract dans le plus pur esprit du FN : mensonger, calomnieux, haineux.
 
D'une grande perspicacité, M. Lucska et Mme Depas savaient que dans ce lieu honteusement soutenu par la Région, ils seraient victimes de dangereux adversaires : un journaliste, deux élus et ...la LIGUE DES DROITS DE L'HOMME !
 
Il était évident que ce film ne plairait pas aux militants du FN. Ce n'était de toute façon pas le but de son réalisateur, Lucas Belvaux, qui a patiemment observé le fonctionnement de ce parti, la stratégie de sa présidente et l'utilisation de ses mouvements satellites violents pour donner une image hélas tout à fait réaliste du danger de l'extrême droite.
Ainsi, selon le groupe « les Patriotes-Front National », ce film, qu'ils n'ont pas vu ou font croire qu'ils n'ont pas vu, est un navet. Pour M. Lucska et Mme Depas, la qualité d'un film se mesure à son audience : on a les critères qu'on peut…
C'est surtout, selon ces experts en manipulation de la vérité, un « cher » navet. Bien loin cependant d'atteindre ceux des super productions, le budget de « Chez nous » a eu besoin du soutien de politiques culturelles qui font l'exception française (eh oui, nous aussi, militants ligueurs, il nous arrive d'être patriotes !).
 
Le Manège non plus n'a certes pas à rougir de la subvention octroyée par la Région. Sans financements publics, les équipements socio-culturels au mieux ne seraient plus accessibles au plus grand nombre, au pire disparaitraient, et leurs emplois avec. Rappelons que la culture contribue 7 fois plus que l'industrie automobile au PIB français avec près de 60 milliards d'euros de valeur ajoutée pour 21 milliards de subventions publiques1. Et les élus locaux (mais visiblement pas M. Lucska et Mme Depas) connaissent bien la « corrélation positive" entre la présence d'une implantation culturelle et le développement socio-économique d'un territoire. M. Lucska et Mme Depas, fiers de représenter le FN au Conseil régional Grand Est, tentent d'y faire passer des propositions douteuses en matière de création : une «clause de neutralité politique pour les subventions concernant les arts visuels » en écho à la création du « collège de représentants de la société civile » au sein du C.S.A.
(programme de Marine Le Pen). Ca ne ressemblerait pas à de la propagande, ça , M. Lucska et Mme Depas ?
 
Dans le fatras de mensonges et d'inepties de leur tract, il y a toutefois peu de vrai. Oui, la Ligue des Droits de l'Homme est anti FN, résolument, entre bien d'autres raisons parce qu'elle défend la liberté culturelle. Et qu'il est normal et nécessaire que les financements publics favorisent cette liberté et l'accès de tous à la culture. Or chacun sait (sauf peut-être M. Lucska et Mme Depas) que les subventions culturelles ont nettement baissé ces dernières années, tout comme les subventions aux associations.

A ce propos, M. Lucska et Mme Depas, qui, à l'image de votre parti, faites grand cas de l'argent public, rassurez-vous, la LDH au niveau national ne creuse pas le déficit de la France et ne perçoit pas un centime de l'Europe pour son fonctionnement. Ni de la Russie d'ailleurs.
Quant aux sections de Charleville et Vouziers, c'est grâce aux cotisations de leurs adhérents et de la délégation régionale qu'elles ont financé les deux encarts « SOS Démocratie » dans les éditions du 1er et du 18 avril de l'Union, encarts qui constituent cette prétendue «tentative d'entourloupe à quelques jours des élections présidentielles» que vous avez finement déjouée !

Nos comptes à nous sont clairs, vérifiés, respectueux des contribuables (je vous mets au défi de citer plus de deux collectivités subventionnant les sections ardennaises) et nous ne sommes pas près de recevoir une convocation chez un juge !
 
Mais surveillez la presse, M. Lucska et Mme Depas, nous avons encore de vilains tours à vous jouer !


       Les sections de Charleville-Mézières, Vouziers,           
       La déléguée régionale de la LIGUE DES DROITS DE L'HOMME,
       Maylis MAGNOU


1 « L'apport de la culture à l'économie en France » Serge KANCEL Jér^ome ITTY MorganeWEILL Bruno DURIEUX
Inspection Générale des Finances - Inspection Générale des Affaires Culturelles Décembre 2013

vendredi 31 mars 2017

SOS DEMOCRATIE

 




A l’approche de l’élection présidentielle et des législatives, nous sommes saisis d’angoisse par leur contexte marqué par la peur et la démagogie. Au mépris de la complexité des situations et des enjeux, s’allient surenchères de haine, d’autoritarisme et de désespérance.

Face à l’installation d’une société de surveillance, à la désagrégation sociale et à la soumission de la politique aux pouvoirs économiques, de nombreuses questions essentielles pour l’avenir nous préoccupent : le changement climatique, la restauration de l’Etat de droit, le besoin d’une démocratie plus inclusive, le rôle de notre pays dans le monde et en Europe, entre autres. Parmi toutes les questions soulevées, trois nous semblent primordiales : nos libertés, notre démocratie et notre capacité à faire société.

• Vivre libre

Depuis trente ans, la restriction des libertés au nom de la sécurité n’a cessé de prendre de l’ampleur. S’appuyant sur l’exploitation de la peur, la quasi-totalité de la représentation politique n’a eu de cesse de laisser croire que la surveillance de masse, un droit d’exception devenu droit commun, conjugué à des pouvoirs envahissants de l’Etat, constituerait la réplique adéquate. Mais trente ans de restrictions des libertés n’ont aucunement diminué le sentiment d’insécurité. L’option choisie par les différents gouvernements, de droite comme de gauche, d’ouvrir les vannes d’une surveillance et d’un fichage de masse doit être remise en cause dans ses finalités comme dans ses modalités. La doctrine d’engagement des forces de l’ordre doit être repensée, l’autorité judiciaire doit se voir reconnaître effectivement son indépendance.


• Vivifier la démocratie

D’un côté, le déplacement des lieux de pouvoir en France ou en Europe à des niveaux où ils ne sont plus perceptibles crée un sentiment d’exclusion. D’un autre côté, la capacité et le désir de donner son avis, de participer au processus de décision vont croissant. Alors que participer est devenu le maître mot, les processus de consultation et d’expression inscrits dans la loi ne fonctionnent pas. Construire de nouvelles démarches démocratiques est une urgente nécessité.
S’attaquer réellement au cumul des mandats, combattre la sous-représentation des femmes et faire respirer la représentation politique en l’ouvrant à toutes les catégories sociales, c’est d’abord modifier les modes de nomination dans les mécanismes de contrôle afin de leur ôter toute connotation politique. C’est aussi rétablir, au sein du Parlement, un débat qui ne soit pas oblitéré par l’exécutif, l’urgence ou l’avalanche législative et qui respecte l’expression des minorités. Devant l’augmentation de la précarité et de la pauvreté, l’accroissement des fractures territoriales et la réduction des droits sociaux, Il nous faut rendre effective l’égalité d’accès pour toutes et tous à tous les droits, économiques, sociaux et environnementaux, civils et politiques.

Faire société

Face aux phénomènes qui gangrènent notre société : obsession des origines, division en communautés, affirmation d’une « identité française » qui postule l’exclusion hors de la communauté de celui ou de celle qui ne remplit pas certains critères, il convient de combattre cette haine et ces discriminations.

En conclusion, nous n’entendons pas nous contenter de gémir sur nos libertés perdues, la crise de notre démocratie et la montée des racismes. Au rappel des principes essentiels et toujours pertinents, nous voulons ajouter des propositions alternatives, à même de répondre aux préoccupations qui se manifestent. Il s’agit de préparer l’avenir et de restituer sa force d’espérance à l’idéal républicain. C’est pourquoi nous voulons partager les expériences et les propositions des acteurs de la société civile et porter dans le débat public ces enjeux véritables, essentiels, urgents, auxquels notre société doit répondre.

LIGUE DES DROITS DE L’HOMME
Section de Charleville-Mézières- Section de Vouziers
charleville-mezieres@ldh-france.org- vouziers@ldh-france.org

jeudi 15 décembre 2016

ALEP

Position LDH pour ALEP : 
A l’heure où les forces gouvernementales syriennes sont en train de prendre le contrôle de la quasi-totalité de l’Est de la ville d’Alep, des dizaines de milliers de civils doivent être protégés de toute urgence.
Les événements des dernières 24 heures indiquent que des civils vivant dans ces secteurs seraient victimes d’actes de représailles commis par les forces loyales au gouvernement syrien : détention arbitraire, torture, disparition forcée et exécutions extrajudiciaires. Le Haut-Commissariat de l’ONU (HCDH) aux droits de l’Homme dénonce l’exécution d’au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, par les forces pro-gouvernementales.
« Nous avons été informés que des forces pro-gouvernementales ont pénétré dans des habitations et tué les civils qui s’y trouvaient, y compris les femmes et les enfants », a dit le porte-parole du HCDH, Rupert Colville.
Aujourd’hui, les blessés ne peuvent pas être évacués, et ceux qui essayent de fuir risquent leur vie.
Nous demandons que :
➔ Les parties au conflit autorisent les civils, s’ils le souhaitent, à quitter la ville sans restriction et en toute sécurité, et que leur évacuation soit facilitée.
➔ Un accès humanitaire soit garanti pour que l’aide dont ont besoin les civils puisse être acheminée.
➔ Les bombardements cessent.
➔ Des observateurs puissent assurer le respect des droits humains et du droit international humanitaire.
Nous vous appelons à venir nombreux pour exprimer votre solidarité avec les civils d’Alep.
 
RENDEZ-VOUS:  Dimanche 18 décembre 15h devant la préfecture de Chaleville-Mézières pour une mobilisation.

dimanche 13 novembre 2016

Discours de notre intervention du 11 Novembre devant la préfecture concernant la réhabilitation collective des fusillés pour l'exemple




La dénonciation des injustices commises par les tribunaux militaires durant la Première Guerre mondiale a été l’un des grands combats de la Ligue des droits de l’Homme, dans le prolongement de l’affaire Dreyfus. Il a permis d’obtenir jusqu’en 1935 la réhabilitation d’un certain nombre de fusillés pour l’exemple. Nous déplorons qu’en 2014 le centenaire officiel de ce conflit n’ait pas été l’occasion d’un acte fort vis-à-vis de tous ceux non encore réhabilités, qui ont été victimes d’ordres arbitraires et injustes.

La création au musée de l’Armée, à l’Hôtel national des Invalides, d’espaces consacrés à cette question doit être saluée comme une avancée. Elle va dans le sens du souhait exprimé le 5 novembre 1998 à Craonne, par le Premier ministre Lionel Jospin, qui avait demandé que les fusillés pour l’exemple « réintègrent notre mémoire collective nationale ».
Mais cela ne répond pas à notre demande de réhabilitation de tous les soldats injustement condamnés qui voulaient, comme l’avait demandé Jaurès, être traités comme des citoyens sous l’uniforme. Avec le centenaire, pour les trois ans qui viennent avant 2018, une nouvelle et sans doute dernière fenêtre s’ouvre pour que soit posé un acte politique permettant la réhabilitation des fusillés pour l’exemple. Dans les Ardennes et ainsi qu’une 30 de sections nous sommes pour une réhabilitation collective et non au cas par cas.



La Ligue des droits de l’Homme constate que ce combat continue. Les recherches à leur sujet doivent être poursuivies, leurs sépultures doivent être identifiées et dignement traitées, le transfert de leurs restes dans les communes dont ils étaient originaires doit contribuer à leur rendre justice, comme cela s’est produit, avec l’appui de la LDH de l’Oise et de la Corse, pour le soldat Sylvestre Marchetti, dans son village natal de Taglio d’Isolaccio.

Le travail doit aussi être poursuivi sur des questions occultées ou méconnues de la Grande Guerre qui ne présentent pas seulement un intérêt pour l’Histoire mais aussi pour nos enjeux contemporains. C’est le cas notamment des civils injustement accusés d’espionnage, pour lesquels la LDH, après la guerre, a mené de fortes campagnes pour leur réhabilitation ; celui des mutineries de 1917, qui ont affecté les deux tiers des divisions d’infanterie du front ; celui des bagnes coloniaux, des compagnies de discipline et des bataillons d’exclus, qui ont concerné des dizaines de milliers de soldats et ont provoqué beaucoup plus de morts parmi eux que les fusillés pour l’exemple ; celui des engagés volontaires étrangers européens victimes de traitements brutaux dans des régiments de marche de la Légion étrangère ; celui des soldats coloniaux victimes de recrutements forcés, de promesses non tenues, d’un emploi inconsidéré et d’un quasi-abandon après-guerre ; et celui de l’ « importation »
de dizaines de milliers d’indigènes militarisés, qui ont connu une mortalité très élevée dans
les usines d’armement.


En ce qui concerne les mutineries, il importe d’éclairer en particulier le rôle joué par Philippe
Pétain, nommé général en chef le 15 mai 1917, qui a eu recours à des procédures
exceptionnelles en supprimant les recours en grâce pour hâter les exécutions, et en isolant
les soldats considérés comme « meneurs » pour les envoyer sans procès dans des bagnes
coloniaux, où beaucoup sont morts de traitements inhumains et dégradants.

Force est de constater, enfin, que les « poilus venus d’ailleurs », étrangers européens et
travailleurs ou combattants coloniaux, absents de nos monuments aux morts, ne sont pas
reconnus par notre mémoire nationale à la mesure du sort qui a été le leur. Seules de
nombreuses tombes musulmanes en témoignent, au sein de nos nécropoles militaires. Il
importe qu’un siècle plus tard, eux aussi « réintègrent aujourd’hui pleinement notre mémoire
collective nationale ».Mais cela n’est pas suffisant  La Ligue des droits de l’Homme des Ardennes demande la réhabilitation collectives des fusillés pour
l’exemple, mutins, engagés étrangers et soldats coloniaux dans la mémoire nationale.



En Conclusion   je reprendrai un slogan
                            GEURRE A LA GUERRE ET FAUTEURS DE GUERRE
                                    JE VOUS REMERCIE ;

mardi 21 juin 2016

GOODYEAR

Invitation pour venir en soutien aux salariés de Goodyear qui aura lieu le lundi 27 juin 2016.

lundi 13 juin 2016

Turquie



Alors que les institutions européennes discutent de la possibilité d’inscrire la Turquie sur une liste européenne de pays d’origine « sûrs », l’AEDHEuroMed Droits, la FIDH et la LDH alertent sur le silence de l’Union européenne et de ses États membres face aux violations des droits perpétrées par les autorités turques.

En réponse à ces alertes et à la dérive autoritaire du gouvernement conduit par l’AKP ainsi qu’au climat dans lequel se sont déroulées les élections législatives turques du 1er novembre 2015 et à l’absence d’une réaction adéquate de la part de la communauté internationale, nos organisations ont convenu de l’importance d’envoyer une mission conjointe de haut niveau dans le pays.

La délégation visait à exprimer sa solidarité envers les défenseurs des droits humains, les militants de la société civile et les organisations sous pression, mais aussi à l’égard des victimes des violations des droits humains et de leur famille, ainsi qu’à contribuer à attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation en Turquie.

http://www.ldh-france.org/wp-content/uploads/2016/06/TURQUIE-Les-droits-humains-sous-couvre-feu-FR.pdf